La mue du politique

29 juillet 2009

 

Extrait de Marianne 2 -- Corinne Lepage -- Forum

Le système droite-gauche est obsolète. Le «vivre autrement» doit se conjuguer avec le «politique autrement».


 

(photo: Corinne Lepage - guillaumepaumier - Flickr - cc)

(photo: Corinne Lepage -- guillaumepaumier -- Flickr -- cc)

 

Comment imaginer un instant que la crise globale qui nous envahit laisserait de côté le politique, qu’il s’agisse de l’organisation ou du projet ?
La réalité est qu’il existe aujourd’hui deux manières de voir le monde. La première consiste à adapter à la marge (plus ou moins grande) le système actuel. Cette conception a pour elle le mérite du pragmatisme et le succès qu’elle rencontre encore (qui peut se mesurer au succès des droites européennes lors des dernières élections) s’explique par une forme de sécurité virtuelle qu’elle offre. On connaît ce qui était et on espère y retourner avec des améliorations que chacun apprécie en fonction de sa situation personnelle. La locution « retour de la croissance » est le talisman de cette vision que partagent libéraux et socialistes attachés à un système productiviste, dans lequel la dégradation des ressources naturelles et de la qualité, voire la dignité de vie, sont secondes par rapport au progrès économique qui doit porter avec lui le progrès social.

La seconde manière est celle du XXIe siècle. Elle repose sur l’acceptation de « l’enfermement planétaire », pour reprendre l’expression d’André Lebeau, c’est-à-dire de la finitude du monde qui exige de repenser en totalité nos modes de production et de consommation mais aussi notre comptabilité et notre organisation. L’évolution soutenable, qui impose de définir, en fonction du caractère durable ou non de l’activité, sa pérennité et sa trajectoire, est seule à même de répondre au défi majeur du XXIe siècle, celui de la survie de l’humanité. Dans cette seconde vision, qui est destinée au cours de ce siècle à devenir la première, la « politique autrement » comme le « vivre autrement » deviennent la pierre angulaire de cette nouvelle construction politique pour laquelle nul ne peut prétendre à la légitimité pour la bonne et simple raison que tout est à écrire et à faire. Le processus décisionnel, et avant lui conceptuel, doit donc suivre de nouvelles voies, combinant le « bottom up » et le « top down », autrement dit imaginant une double dynamique partant de la base et du sommet, dans une organisation qui n’a plus rien à voir avec, en particulier, la structure d’apparatchiks des partis politiques, qui se partagent des postes d’autant moins nombreux que le cumul des mandats reste une réalité bien française. La décentralisation économique, énergétique, politique est au cœur de cette deuxième voie dans un rapport entre global et local qui doit être revisité pour faire du territoire non plus le réceptacle des décisions prises dans le cadre mondialisé, mais la première pierre d’une construction qui s’inscrit dans un mouvement global. La transparence des choix, la probité des acteurs, un Etat de droit effectif et efficace sont la garantie du système.

Entre ces deux visions du monde, la question n’est pas de se reconnaître de droite ou de gauche en fonction de critères qui sont obsolètes

Corinne Lepage est députée européenne, vice-présidente du MoDem et présidente de Cap21
.
puisqu’ils reposent sur un présupposé commun : la croissance infinie. La question est de savoir si les choix du XXe siècle peuvent être prolongés ou si le XXIe siècle est radicalement nouveau. Oui, le choix est binaire entre Anciens et Modernes, mais il transcende les partis traditionnels et conduit à l’émergence d’une nouvelle force, démocratique et écologiste, solidaire et humaniste, qui reste à construire.

François BAYROU et Jean-François KAHN à Mulhouse le 15 mai 2009

19 mai 2009

http://www.dailymotion.com/videox9bvyd

Nathalie Griesbeck invite Catherine Trautmann à la raison

9 mai 2009

Nathalie Griesbeck souhaite répondre aux attaques formulées contre les élus du Mouvement Démocrate (MoDem), mercredi 29 avril dernier, lors d’une réunion publique à Strasbourg et dont les propos ont été relayés par les DNA.

Afin de rafraîchir la mémoire de Madame Trautmann, il est utile de rappeler que le Parlement européen s’est prononcé à deux reprises sur la question d’un emprunt européen.

Le Parlement européen a d’abord adopté, mercredi 11 mars 2009, l’amendement 28 au rapport sur le plan de relance, déposé par les députés européens du MoDem, et qui « invite les Etats membres, notamment ceux faisant partie de la zone euro, à étudier la possibilité d’un grand emprunt européen, garanti solidairement par les États membres ». Cet amendement du MoDem a été voté par l’ensemble du Parti socialiste européen, y compris par Madame Trautmann.

Le Parlement s’est également exprimé sur le sujet en adoptant la résolution du 24 avril 2009 relative « au mécanisme de soutien financier à moyen terme des balances des paiements des États membres ». Ce texte note que « la Commission effectue des travaux préparatoires en vue d’autoriser deux États membres (…) à émettre conjointement des obligations libellées en euros ». Il a été voté par la quasi-totalité des députés présents, y compris par les députés du MoDem.

Bayrou interdit de recueillement sur la tombe de Robert Schuman

8 mai 2009

Nathalie Griesbeck Nathalie Griesbeck juge scandaleux le refus opposé à un élu de la nation, qui plus est Président de parti politique, de se recueillir à la date anniversaire du 9 mai sur la sépulture du Père fondateur de l’Europe. « Le site où gît Robert Schuman n’appartient à personne, à aucun parti politique » explique Nathalie GriesbeckLire l’article du Républicain Lorrain

 Ci-dessous la dépêche AFP :
PARIS, 6 mai 2009 (AFP) -- François Bayrou, qui souhaitait aller se recueillir samedi sur la tombe de Robert Schuman dans une chapelle mosellane, s’en est vu refuser l’accès par le président UMP du Conseil général Philippe Leroy, a-t-on indiqué mercredi au MoDem. Nathalie Griebseck, eurodéputée sortante du Mouvement démocrate, avait, par lettre, fait part au sénateur Leroy de la venue de M. Bayrou le 9 mai -- journée de l’Europe -- à l’université de Metz pour une convention de son parti. Elle l’informait du souhait du député béarnais de se rendre tôt le matin, à 8H30, dans le village de Scy-Chazelles où repose Robert Schuman, un des pères de l’Union européenne, pour s’y recueillir « comme il le fait à chacune de ses venues en Moselle ». Las, M. Leroy a répondu, par missive dont l’AFP a eu copie, que » malheureusement ce site, propriété du Conseil général », serait « inaccessible ce samedi 9 mai en début de matinée, en raison de la préparation et de la sécurisation des lieux dans le cadre des manifestations liées à la journée de l’Europe ». Sollicité, M. Bayrou n’a pas commenté ce refus. Cependant dans son entourage, où l’on précise que Valéry Giscard d’Estaing doit assister à une messe dans cette même chapelle samedi mais seulement en milieu d’après-midi -- on assure que « cette situation ne restera pas sans réponse ». On précise que le dirgeant centriste a tenté à plusieurs reprises de joindre M. Leroy, mais en vain.

OGM – L’Alsace serait la seule région francaise à n’en être pas exempte … pourquoi ?

4 mai 2009

Les régions en Europe où la culture des OGM est autorisée ou non sont très diversement réparties.  L’Allemagne par exemple, n’a que ponctuellement des zones libres d’OGM,  l’Espagne de même, l’Italie est relativement libre de culture sauf pour la pointe de la botte et deux zones dans le nord.  La Pologne et la Grèce sont libres de culture OGM.

La France au premier abord semble libre de toute culture, pourtant l’Alsace ne l’est pas.  Pourquoi?

Carte europe OGM

 Source Basler Zeitung 24 Avril 2009, p.7

On peut trouver des informations sur ces cultures et le moratorium sur les OGM sur :
http://www.agassessment-watch.org/index.html

Je voudrais que nos élus s'emparent de cette question le plus rapidement possible


 

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Corine Lepage demande la transmission d’une étude sur des rats et elle reçoit une étude sur des… vaches…   le  gouvernement protège les intérêts d’une multinationale américaine  au détriment de la transparence due au citoyen concernant sur les résultats des études menées sur des organismes génétiquement modifiés… afin qu’il ne puisse  y avoir de débat en toute connaissance de cause au sujet des OGM !

http://www.dailymotion.com/videox4ugcg

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A son tour, l’Allemagne suspend le maïs transgénique de Monsanto
LEMONDE.FR avec AFP | 14.04.09

Après l’Autriche, la France, la Grèce, la Hongrie et le Luxembourg, l’Allemagne a annoncé, mardi 14 avril, qu’elle suspendait la culture du maïs génétiquement modifié MON810 de Monsanto, rejoignant ainsi cinq autres pays européens, contre l’avis de la Commission européenne.

La ministre de l’agriculture, Ilse Aigner, a justifié cette décision par la possibilité que cette semence OGM, fabriquée par le géant agro-industriel américain Monsanto, puisse présenter des dangers pour l’environnement. « Ce n’est pas une décision politique. Elle a été prise dans l’intérêt de l’environnement (…) nous avons mené une étude rigoureuse pour peser le pour et le contre », a-t-elle argumenté au cours d’une conférence de presse.

La ministre a notamment expliqué cette décision par « de nouveaux éléments scientifiques », en l’occurrence « deux nouvelles études » qui avaient amené le Luxembourg à prendre une décision comparable fin mars. Ces études mettaient en évidence des incidences de la culture du MON810 sur des organismes « non cibles », qui n’avaient pas été étudiés jusque-là, a ajouté le responsable des technologies génétiques au ministère de l’agriculture, Wolfgang Köhler, citant en exemple les papillons et les coccinelles.

En 2008, 4 000 hectares de maïs transgénique ont été cultivés en Allemagne, et des cultures sur 3 700 hectares avaient été autorisées pour 2009, soit environ 0,2 % de la surface de maïs cultivée dans le pays. Le MON810 est le seul OGM cultivé dans l’UE. Il y a été homologué en 1998, pour dix ans. Le renouvellement de cette autorisation est en cours d’évaluation.

Seule une décision de la Commission, soutenue par une majorité qualifiée d’Etats de l’UE, pourrait mettre fin à la décision allemande. Or les ministres de l’environnement ont mis leur veto, début mars, à une proposition de la Commission visant à contraindre l’Autriche et la Hongrie à revenir sur des interdictions semblables. Ce vote était une très bonne nouvelle pour la France et la Grèce : elles peuvent maintenant espérer que leurs interdictions de cultiver ce maïs, qui doivent être soumises prochainement au vote des pays de l’UE, seront maintenues.

Pour en savoir plus:

- Le Spiegel Online rappelle que cette décision est également très politique. Le CSU, l’allié bavarois du CDU, était en effet fermement opposé au MON810, contrairement à son grand frère conservateur. A quelques mois des élections européennes et législatives en Allemagne, les arguments des Bavarois en faveur d’une interdiction soutenue par la majorité des Allemands semblent donc l’avoir emporté.

- Pour le Tageszeitung, cette interdiction est une nouvelle défaite pour la Commission européenne, qui milite pour la levée de toutes les interdictions de MON810 au sein de l’UE.

Marielle de Sarnez – Petit dictionnaire pour aimer l’Europe –

4 mai 2009

… Marielle de Sarnez retrace, sans polémique politicienne, dans son « Petit Dictionnaire de l’Europe », l’histoire européenne, avec ses avancées et ses difficultés. La vice-président du MoDem nous fait prendre conscience du besoin d’Europe, du besoin d’un nouvel élan, d’une Europe politique -- car comme disait Delors « on ne tombe pas amoureux d’un grand marché » -, d’une Europe concrète se préoccupant de l’essentiel, d’une Europe plus transparente. Enfin, Marielle de Sarnez nous donne envie d’aller voter le 7 Juin en nous décrivant un Parlement européen démocratique, soucieux de voter à une large majorité, au-delà des clivages, les meilleurs textes afin d’être au plus proche des citoyens européens. Source : Blog « Générations Engagés »

 

Marielle de Sarnez à la Tribune BFM du 3 mai 2009

http://www.dailymotion.com/videox96eci

L’homme parle « La Crise »

3 mai 2009

http://www.dailymotion.com/videox86vqu

 

 A propos de L Homme parle  (myspace.com)

Enfants du métissage des cultures et du brassage des ethnies, « L’Homme parle » est le symbole d’une jeunesse unie contre les offensives capitalistes et contre toutes les formes d’oppression et de discrimination. Tout le monde est appelé à agir et à parler pour changer les choses au quotidien et aspirer à plus d’humanité. Le poing en l’air et le mic à la main, « L’Homme parle » des combats à mener et des causes perdues, des paradis artificiels et des pièges du monde moderne, des moments de bonheur et de l’amertume de la vie… et de l’amour qu’on néglige trop souvent.
Dans un univers musical unique entre rap, reggae, slam, chanson et musique du monde, « L’Homme parle » revendique un hip-hop alter mondialiste frais et engagé, soufflant un vent libérateur sur les terres stériles des musiques cellophanées. Epaulé quelquefois par Maître JB (clavier Soul), Marxs a composé toutes les instrus de l’album en privilégiant la musicalité et l’ouverture d’esprit.

Chaque concert est une « occaz » de militer dans un esprit de fête et d’échange. Vous vous ferez vite embarquer par la bonne humeur et l’énergie du groupe, pour un tour du monde musical de la condition humaine. Et puisque «L’homme parle » est aussi une femme, Joana vous fera “tourner la tête”, apportant une touche de sensualité dans ce monde de brutes !

Après plusieurs années de travail au studio du Label « Direkt Tribal Family » (2 maxis CD) et une soixantaine de concerts, « L’Homme parle » vient de terminer son premier album fort de 13 titres et se prépare à exploser sur les scènes de France et d’ailleurs : Attention, concerts brûlants !!

Europe – Victor Hugo

1 mai 2009

Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi !

Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Pétersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu’elle serait impossible et qu’elle paraîtrait absurde aujourd’hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie.

Un jour viendra où la France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l’Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France.

Un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées.

Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d’un grand sénat souverain qui sera à l’Europe ce que le parlement est à l’Angleterre, ce que la diète est à l’Allemagne, ce que l’Assemblée législative est à la France !

Un jour viendra où l’on montrera un canon dans les musées comme on y montre aujourd’hui un instrument de torture, en s’étonnant que cela ait pu être !

Victor HugoUn jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les Etats-Unis d’Amérique, les Etats-Unis d’Europe, placés en face l’un de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies, défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du Créateur, et combinant ensemble, pour en tirer le bien-être de tous, ces deux forces infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu !

Et ce jour-là, il ne faudra pas quatre cents ans pour l’amener, car nous vivons dans un temps rapide, nous vivons dans le courant d’évènements et d’idées le plus impétueux qui ait encore entraîné les peuples, et, à l’époque où nous sommes, une année fait parfois l’ouvrage d’un siècle.

Et Français, Anglais, Belges, Allemands, Russes, Slaves, Européens, Américains, qu’avons-nous à faire pour arriver le plus tôt possible à ce grand jour ? Nous aimer.

Nous aimer ! Dans cette œuvre immense de la pacification, c’est la meilleure manière d’aider Dieu !

Grâce aux chemins de fer, l’Europe bientôt ne sera pas plus grande que ne l’était la France au moyen âge ! Grâce aux navires à vapeur, on traverse aujourd’hui l’Océan plus aisément qu’on ne traversait autrefois la Méditerranée ! Avant peu, l’homme parcourra la terre comme les dieux d’Homère parcouraient le ciel, en trois pas. Encore quelques années, et le fil électrique de la concorde entourera le globe et étreindra le monde.

Victor Hugo -- « Un jour viendra » -- Extrait du discours prononcé le 21 août 1849 lors du Congrès de la paix

 

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Nous aurons ces grands Etats-Unis d’Europe, qui couronneront le vieux monde comme les Etats-Unis d’Amérique couronnent le nouveau.

Nous aurons l’esprit de conquête transfiguré en esprit de découverte ; nous aurons la généreuse fraternité des nations au lieu de la fraternité féroce des empereurs ; nous aurons la patrie sans la frontière, le budget sans le parasitisme, le commerce sans la douane, la circulation sans la barrière, l’éducation sans l’abrutissement, la jeunesse sans la caserne, le courage sans le combat, la justice sans l’échafaud, la vie sans le meurtre, la forêt sans le tigre, la charrue sans le glaive, la parole sans le bâillon, la conscience sans le joug, la vérité sans le dogme, Dieu sans le prêtre, le ciel sans l’enfer, l’amour sans la haine.

L’effroyable ligature de la civilisation sera défaite ; l’isthme affreux qui sépare ces deux mers : Humanité et Félicité, sera coupé. Il y aura sur le monde un flot de lumière.

Et qu’est-ce que c’est que toute cette lumière ?

C’est la liberté.

Et qu’est-ce que c’est que toute cette liberté ?

C’est la paix.

Victor Hugo -- « L’avenir de l’Europe »  -- Lettre aux membres du Congrès de la Paix, à Lugano, 20 septembre 1872.

 

Abus de Pouvoir

1 mai 2009

 Retrouver l’interview avec Michel Apathie sur RTL
Le président du Mouvement Démocrate répondait mercredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie, à la veille de la sortie de son ouvrage au canon contre Nicolas Sarkozy, « Abus de pouvoir » (éditions Plon).

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Dans son livre Abus de pouvoir , à paraître jeudi aux éditions Plon et dont Le Point à paraître jeudi propose en exclusivité des extraits, François Bayrou déclare être entré « en résistance ». Parce qu’il y a « une entreprise dans la société française de mise en réseau d’un certain nombre de grandes puissances qui marient l’industrie, la finance, les médias, la politique et qui s’impose sur la société française, et qui mérite qu’on leur résiste », a expliqué le président du Modem mercredi matin sur RTL . »Nous vivons depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, il y a deux ans maintenant, une période très troublée où des millions de Français trouvent qu’il y a des dérives, qu’il y a des choses qui ne sont pas acceptables. Ils sont mal à l’aise, quelques-uns d’entre eux sont indignés, mais ils n’arrivent pas à identifier clairement le projet qui à ce point les trouble », affirme-t-il. « Ce que j’ai voulu par ce livre, c’est montrer à chacun d’entre eux -- souvent désespérés parce qu’ils ont l’impression qu’ils protestent mais que nul ne les entend -- qu’ils n’étaient pas seuls et qu’il y a en effet, selon moi, dans les actes qui paraissent parfois désordonnés du pouvoir actuel, une logique qu’il faut refuser parce qu’elle remet en cause les principes qui sont ceux de notre histoire », assure-t-il.

L’idéologie des inégalités croissantes

« Pendant la campagne présidentielle, les discours de Nicolas Sarkozy étaient républicains, presque socialistes, il a convoqué Jaurès, Blum et presque Karl Marx pour exalter les attentes de justice mais, en réalité, la politique qu’il a suivie ensuite est une politique, qui au lieu d’aller vers l’égalité, est allée vers l’inégalité », dénonce François Bayrou. « Dans le discours de Saint-Quentin, il y a quelques jours à peine, Nicolas Sarkozy a prononcé une phrase qui est pour moi extraordinairement choquante. Une société égalitaire c’est le contraire d’une société de liberté et de responsabilité, avance-t-il. Eh bien cette phrase qui attaque directement le coeur du projet français à savoir la longue marche vers l’égalité au sein de la société française, est une attaque contre ce que nous avons de plus précieux », estime-t-il.

Pour l’ancien candidat à la présidentielle, l’actuel chef de l’État a préféré le modèle de société « bushiste » (du nom de l’ancien président américain, ndlr) au modèle français. Goût de l’argent, goût de la puissance… : « Les choix de valeurs qui sont ceux de Nicolas Sarkozy ne collent pas avec ce que la fonction devrait exiger », juge François Bayrou. « Un président de la République française c’est quelqu’un qui voit la réussite ailleurs que dans l’argent », souligne-t-il.

lepoint.fr

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La plus impressionnante confiscation de pouvoirs


“Nous croyions que le modèle français, républicain, démocratique, laïque, social, français était si profondément ancré (…) que nul (…) ne pourrait le mettre en cause. (…) Nous nous trompions. Nous n’avions pas vu que, cette fois, on allait aligner les grands moyens. Un candidat habile, actif, entreprenant. Des milieux d’influence déterminés. Des intérêts de parti. Plus encore, des intérêts de classe. (…)

Il y a dans tout cela un régime que l’on tente d’imposer à la France (…). D’abord, la plus impressionnante confiscation de tous les pouvoirs qui ait été tentée depuis des décennies en cette Ve République (…). Ensuite (…), une idéologie qui n’avait jamais osé s’exprimer en France à visage découvert, un modèle de société fondé sur (…) le creusement des inégalités accepté et même recherché. Il faut mesurer quel viol est ainsi imposé à la France républicaine (…). Enfin, des réseaux d’intérêt puissants (…) bientôt dépassés par leur créature, au point de s’effrayer en secret de la toile qui vient peu à peu s’imposer à tous les centres de décision, notamment économiques et financiers. Ainsi, le pouvoir abuse de tous les pouvoirs. (…)

Il est une idéologie de l’argent présenté comme valeur. Une idéologie de la généralisation de la loi du profit. De l’extension aux services publics des normes du marché, de la concurrence. Il est une idéologie souterraine de la distraction du citoyen à coups de “pipolisation” (…). Il est une idéologie de la prééminence du capital… Cette politique qui s’attaque à tous les domaines de la vie nationale, éducation, recherche, justice, que l’on nous vend sous le nom générique et obsessionnel de “réforme” ce n’est pas une modernisation, c’est une abrogation. (…) Pour cette abrogation, pour ce renoncement, Nicolas Sarkozy n’a pas de mandat.”

Article paru dans l’édition du 30 avril du Monde
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 » Il est un trait de caractère chez l’actuel Président de la République qui touche non pas aux idées, même pas aux valeurs, mais à l’idée même qu’on se fait d’un peuple. L’idée, je ne vois pas d’autre mot que puérile, qu’il suffit d’arriver pour tout changer, et qu’on peut tout changer. Si j’avais un livre à écrire sur cet homme, je l’intitulerais ‘L’enfant barbare’ ».

Les indiscrets.com

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Intervention de François Bayrou sur France Info
http://www.dailymotion.com/videox954n0

Pour l’Elysée, le président du MoDem reste « l’homme à abattre »

1 mai 2009

 

F BayrouLE MONDE/29/04/09 14h40

François Bayrou et Nicolas Sarkozy partagent une analyse en commun : en 2012, l’ex-troisième homme de l’élection présidentielle de 2007 serait le seul capable de battre au second tour l’actuel détenteur du pouvoir. Du coup, leurs objectifs se rejoignent, même s’ils sont diamétralement opposés : pour l’un, il s’agit de parvenir à se hisser, cette fois, dans le duo de tête du premier tour ; pour l’autre, de l’en empêcher.”Il faut tuer Bayrou.” Depuis deux ans, la consigne n’a pas varié. Et la cellule élyséenne chargée de “flinguer” le président du Mouvement démocrate (MoDem) n’a pas désarmé. Pourtant, deux ans après, non seulement il est toujours là mais sa présence sur la scène politique n’a pas diminué. Le dernier sondage Ifop publié dans Sud-Ouest Dimanche du 26 avril a mis en émoi les grenadiers de l’Elysée.
A la question portant sur les intentions de vote au premier tour d’une élection présidentielle opposant les mêmes candidats qu’en 2007, M. Bayrou recueille 19 % (+ 0,5 point par rapport au score qu’il avait obtenu), ce qui le place à portée du scrutin de Ségolène Royal (20,5 %) qui, elle, perd 5 points. M. Sarkozy arrive en tête avec 28 %, enregistrant une perte de 3 points (sondage réalisé les 23 et 24 avril auprès d’un échantillon de 958 personnes).

Nul doute que la sortie du livre brûlot de M. Bayrou va déclencher une contre-offensive en règle. Mais force est de constater que, pour l’heure, les tentatives pour le réduire au silence se sont avérées inopérantes. Ce n’est pourtant pas faute de s’y être méthodiquement employé.

D’abord, en le dépouillant de ses élus. Bien avant le premier tour de l’élection de 2007, les émissaires de M. Sarkozy avaient “ferré” les proies les plus vulnérables parmi la vingtaine de députés qui avaient accompagné l’ancien président de l’UDF au cours de la précédente législature. Entre les deux tours, ils basculaient en bloc dans le camp du futur vainqueur. En contrepartie, les ralliés se voyaient accorder la protection de l’UMP pour conserver leur siège aux législatives. C’est ainsi que le Nouveau Centre a pu constituer un groupe d’une vingtaine d’élus à l’Assemblée nationale et que pas moins de quatre ministres (Hervé Morin) et secrétaires d’Etat (Valérie Létard, André Santini, Christian Blanc) issus de ses rangs ont été nommés.

PROCHAINE “CIBLE”

La promotion du Nouveau Centre avait à la fois pour objet de démontrer que, désormais, M. Bayrou était “seul” et de parasiter ses interventions en lui disputant l’apanage du centre. Deux ans après, le Nouveau Centre, inféodé à son puissant parrain, reste une coquille, sans autonomie ni perspectives, en quête de strapontins sur les listes de la majorité présidentielle aux élections européennes et d’une reconnaissance qui ne vient pas.

Prochaine “cible” annoncée : Michel Mercier. Le sénateur et président du conseil général du Rhône semble prêt à se laisser tenter par une fin de carrière ministérielle. Pour l’heure, il est vrai, il était plus utile, dans le dispositif sarkozyste, à la tête du groupe centriste du Sénat, où la majorité est fragile. M. Bayrou n’ignore pas, cependant, que, le moment venu, celui à qui le lie une longue amitié et qui a longtemps détenu les cordons de la bourse dans la formation centriste ira se poser dans les mailles du filet. Cela ne constituera ni une surprise ni une épreuve, tout ayant été réglé entre les deux hommes pour que les choses se passent sans accrocs.

En dépit de tous ces efforts pour marginaliser M. Bayrou, celui-ci continue de bénéficier d’une forte cote de popularité, sa voix porte et le mouvement créé dans l’élan de l’élection présidentielle s’est enraciné. Créé en décembre 2007, le MoDem a réussi à franchir les premières épreuves électorales et à faire émerger une nouvelle génération militante qui n’a plus grand-chose à voir avec l’ancien parti de notables qu’était l’UDF. Les élections européennes doivent permettre de propulser son leader vers l’objectif 2012. Pour M. Sarkozy, M. Bayrou reste “l’homme à abattre”.
Patrick Roger
Article paru dans l’édition du 30.04.09.  

LE MONDE/29/04/09 14h40

François Bayrou et Nicolas Sarkozy partagent une analyse en commun : en 2012, l’ex-troisième homme de l’élection présidentielle de 2007 serait le seul capable de battre au second tour l’actuel détenteur du pouvoir. Du coup, leurs objectifs se rejoignent, même s’ils sont diamétralement opposés : pour l’un, il s’agit de parvenir à se hisser, cette fois, dans le duo de tête du premier tour ; pour l’autre, de l’en empêcher.”Il faut tuer Bayrou.” Depuis deux ans, la consigne n’a pas varié. Et la cellule élyséenne chargée de “flinguer” le président du Mouvement démocrate (MoDem) n’a pas désarmé. Pourtant, deux ans après, non seulement il est toujours là mais sa présence sur la scène politique n’a pas diminué. Le dernier sondage Ifop publié dans Sud-Ouest Dimanche du 26 avril a mis en émoi les grenadiers de l’Elysée.
A la question portant sur les intentions de vote au premier tour d’une élection présidentielle opposant les mêmes candidats qu’en 2007, M. Bayrou recueille 19 % (+ 0,5 point par rapport au score qu’il avait obtenu), ce qui le place à portée du scrutin de Ségolène Royal (20,5 %) qui, elle, perd 5 points. M. Sarkozy arrive en tête avec 28 %, enregistrant une perte de 3 points (sondage réalisé les 23 et 24 avril auprès d’un échantillon de 958 personnes).

Nul doute que la sortie du livre brûlot de M. Bayrou va déclencher une contre-offensive en règle. Mais force est de constater que, pour l’heure, les tentatives pour le réduire au silence se sont avérées inopérantes. Ce n’est pourtant pas faute de s’y être méthodiquement employé.

D’abord, en le dépouillant de ses élus. Bien avant le premier tour de l’élection de 2007, les émissaires de M. Sarkozy avaient “ferré” les proies les plus vulnérables parmi la vingtaine de députés qui avaient accompagné l’ancien président de l’UDF au cours de la précédente législature. Entre les deux tours, ils basculaient en bloc dans le camp du futur vainqueur. En contrepartie, les ralliés se voyaient accorder la protection de l’UMP pour conserver leur siège aux législatives. C’est ainsi que le Nouveau Centre a pu constituer un groupe d’une vingtaine d’élus à l’Assemblée nationale et que pas moins de quatre ministres (Hervé Morin) et secrétaires d’Etat (Valérie Létard, André Santini, Christian Blanc) issus de ses rangs ont été nommés.

PROCHAINE “CIBLE”

La promotion du Nouveau Centre avait à la fois pour objet de démontrer que, désormais, M. Bayrou était “seul” et de parasiter ses interventions en lui disputant l’apanage du centre. Deux ans après, le Nouveau Centre, inféodé à son puissant parrain, reste une coquille, sans autonomie ni perspectives, en quête de strapontins sur les listes de la majorité présidentielle aux élections européennes et d’une reconnaissance qui ne vient pas.

Prochaine “cible” annoncée : Michel Mercier. Le sénateur et président du conseil général du Rhône semble prêt à se laisser tenter par une fin de carrière ministérielle. Pour l’heure, il est vrai, il était plus utile, dans le dispositif sarkozyste, à la tête du groupe centriste du Sénat, où la majorité est fragile. M. Bayrou n’ignore pas, cependant, que, le moment venu, celui à qui le lie une longue amitié et qui a longtemps détenu les cordons de la bourse dans la formation centriste ira se poser dans les mailles du filet. Cela ne constituera ni une surprise ni une épreuve, tout ayant été réglé entre les deux hommes pour que les choses se passent sans accrocs.

En dépit de tous ces efforts pour marginaliser M. Bayrou, celui-ci continue de bénéficier d’une forte cote de popularité, sa voix porte et le mouvement créé dans l’élan de l’élection présidentielle s’est enraciné. Créé en décembre 2007, le MoDem a réussi à franchir les premières épreuves électorales et à faire émerger une nouvelle génération militante qui n’a plus grand-chose à voir avec l’ancien parti de notables qu’était l’UDF. Les élections européennes doivent permettre de propulser son leader vers l’objectif 2012. Pour M. Sarkozy, M. Bayrou reste “l’homme à abattre”.
Patrick Roger
Article paru dans l’édition papier du 30.04.09.